L’Anabena thermalis de Ouel-el-Hammam

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L’Anabena thermalis de Ouel-el-Hammam

Message  Mokhtar le Jeu 24 Mar - 14:33

L’Anabena thermalis de Ouel-el-Hammam

"II décrit sous le nom de nérisine un cryptogame qui se développe en très grande quantité à la surface des bassins, et auquel dans le pays on donne le nom de limon.

Chaque jour, pendant toute la durée de la saison thermale, on recueille la nérisine de manière à en dépouiller complètement les bassins; mais, au bout de quelques heures, entre le service du matin et celui du soir, celle plante se reproduit en grande partie.

Elle est d'un beau vert émeraude, douce au toucher, gluante, de forme globuleuse et rappelant assez exactement l'aspect d'une grappe d'hydatides. Abandonnée à elle-même, elle se désagrège promptement et donne lieu à des lamelles qui viennent flotter à la surface de l'eau; plus lard, elle prend de la consistance et forme des espèces de gâteaux crépitant sous le doigt; elle finit par acquérir la densilé de l'éponge et prendre une couleur jaunâtre.

Quelques essais d'analyse ont montré que la nérisine renferme, à l'état sec, 47 parties sur 100 de matière organique azotée et 53 de cendres alcalines contenant une certaine proportion de fer.
La nérisine jouit de propriétés émollientes qui la font particulièrement rechercher comme cosmétique, pour adoucir la peau du visage et en faire disparaître les tâches et les boutons.

La plante, dont nous venons d'esquisser l'histoire, d'après le rapport de M. Richond des Brus, a déjà été étudiée avec soin par le savant cryptogamiste M. Montagne, qui l'a figurée dans la Flore d'Algérie de Bory Saint-Vincent et Durieu, où elle est décrite parmi les Nostocinées sous le nom d'Anabena thermalis. On la trouve en abondance dans celles des eaux d'Oued-el-Hammam, dont la température atteint 64 degrés.

Cette plante consiste en filaments très déliés, réunis entre eux par une substance mucilagineuse dépourvue de l'enveloppe commune, qui, dans les nostocs, donne à l'ensemble la forme générale. Chacun de ces filaments se compose d'articles oblongs placés dans le sens de la longueur. Ceux de l’Anabene des eaux d'Ouel-el-Hammam ont l/800e de millimètre, tandis que le diamètre des filaments de l'anabène de Néris est quatre fois plus considérable.

M. de Laurès, médecin inspecteur adjoint de Néris, s'est livré, en 1854, avec M. le docteur Becquerel, à une étude approfondie de l’Anabena thermalis. Celle étude, pour laquelle les auteurs ont utilisé les travaux chimiques de notre collègue M. Ossian Henry, peut être regardée comme une monographie assez complète de ce végétal."

Extrait de :
« Mémoires de l'Académie de médecine », Volume 20,
Par Académie nationale de médecine, 1856, page cvi

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