Sidi Ali Cherif, biographie

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Sidi Ali Cherif, biographie

Message  Mokhtar le Lun 28 Mar - 17:40

SID ALI ECH-CHERIF

Le chef des hommes choisis, la crème des protecteurs, le maître considérable, le saint bien connu, notre cheïkh Sid Ali ech-Cherif est un des protecteurs de la région.
Sa chaîne généalogique, d'après les documents, s'établit
ainsi : Ali ech-Cherif, — Ahmed, — Mohammed, — A'ïssa, — Mohammed, — Ech-Cherif, — Bou-I'nan, — El-H'assan, — Mansour, — Brahim, — Mohammed, —
A'mer, — Moussa, — Abd Allah, — Mohammed, — Bekheti , — A'ïad, — Tsabet, — Man-sour, — Moussa, — Bou Sa'ïd, — A'ii, — A'mer, — A'bd el-Hamid, — A'mr, — Moham-med, — Daoud, — A'li, — A'bd Allah, — Edris, — Edris, — A'bd Allah el-Kamel, — El-Hassan second, — El-Hassan es-Sibt, — Fatma ez-Zohra.

Ce personnage, qui, sous la direction du cheïkh Abd el-Kader ben Khedda et de Mohammed ben Abd el-Kerim el-Mer'efaoui, avait puisé aux meilleures sources, et qui était un homme de science et de piété, habita la bourgade de Mascara (1) et devint imam de la mosquée qui porte son nom.

Dieu lui avait départi la connaissance es vérités pures et des lois d'institution divine, et, en outre, il l'avait doué d'un extérieur qui en imposait et commandait le respect. Et sa puissance physique était telle, que quand, par exemple, il arrêtait son regard sur une personne, quelle qu'elle fût, cette personne se sentait dominée et rivée sur place; elle ne pouvait plus lever les yeux.

Sid Ali était un pratiquant austère et il ne se départissait pas de la règle qu'il s'était imposée : il s'abluait avant chaque prière, et ensuite, en priant, il prolongeait les postures.
Mais quand, comme imam, il dirigeait les fidèles, il n'accordait plus alors à chacune des postures prescrites que le temps voulu.

Son mode de vie attira l'attention des hommes de discernement, et ils comprirent qu'il était éclairé d'en-Haut. Aussi, dans leurs recommandations à leurs proches, leur désignant le personnage, ils leur répétaient : « Faites attention ! évitez ce qui pourrait déplaire à Sid Ali, car les prières qu'il adresse à Dieu sont exaucées ! »
…………..
L'influence du saint homme devint prépondérante, et quiconque était aux prises avec les difficultés de la vie savait ces difficultés résolues, si le cheïkh intervenait; l'envoi de son chapelet ou de son serviteur écartait les obstacles.

Sidi Ali entretenait des rapports de bonne amitié avec Sidi Dahou; j'étais son disciple, on le sait; ils se visitaient fréquemment l'un et l'autre, et, au cours d'un de leurs entretiens, j'entendis le premier dire à mon maître :
« Toi, tu es issu de père et de mère nobles, ton origine est doublement pure ! »

J'avais eu occasion de lire, quant à l'origine de mon maître, un document de la main de son aïeul — que j'ai déjà cité — Sidi Atsman ben Aïssa, qui renfermait sa généalogie.
Un jour Sidi Ali, faisant allusion à cet écrit et à son auteur, me confia que Sidi Atsman était très versé dans les questions de cette nature, et que, vu ses nombreuses recherches et sa grande mémoire, il était plus autorisé que qui que ce soit pour établir sa généalogie et celle des personnages de l'époque; — et que, du reste, il avait retrouvé dans l'ouvrage « Le présent qui traite (de l'origine) des gens du Rached », de Mohammed ben Ahmed ben Aïssa de Ta-fraoui, le passage qui figurait sur le document que j'avais lu. Sid Ali me dit encore qu'il était convaincu que Sidi Dahou appartenait à la branche de Mohammed ben Edris (2).

Sidi Ali et Sidi Dahou, ainsi que je l'ai rapporté, avaient l'un pour l'autre des sentiments d'af-fection et se réunissaient : alors, le plus souvent, ils traitaient de questions d'un ordre particulier et ayant trait au monde visible et invisible.
Ces esprits distingués, ces intercesseurs précieux, étaient également bien disposés pour les créatures de Dieu, et ils appelaient sur elles les effets de sa grâce et de ses bénédictions. Et en une circonstance, ayant été à même de leur rendre quelques légers services, j'eus la preuve de leurs bonnes dispositions; je les entendis demander à leur seul Maître de me réserver les joies de ce monde et de l'autre.

Sidi Dahou rendait publiquement hommage aux mérites et au rang élevé de Sid Ali, qu'il avait en grande vénération, et, s'adressant à ses enfants, il leur prescrivait d'entourer cet homme si éminent de témoignages de respect, et de l'honorer ainsi que les gens de vertu qui avaient connu son caractère.
Il leur recommandait encore, s'ils voulaient bénéficier de ses grâces et avoir part à ses bénédictions, de lui baiser la tète et les mains, de le servir, de lui apporter des aliments, etc. Et les hommes éclairés, seuls, savent qui les égale !

Sidi Ali ech-Cherif (qui s'est éteint à un âge très avancé, en 1070 (1659), repose dans la contrée de l'Oued el-H'ammam (3).
Que celui qui recherche l'appui d'un intercesseur visite sa tombe, et il obtiendra ce qu'il désire. S'adresser aux saints assure la réalisation de ce que l'on souhaite, — et Dieu est le plus savant !

Sid Ali a laissé une descendance (3).

Notes :

(1) Au 11èmè siècle, des familles étaient groupées au-dessous du Mascara actuel, au lieu qui est appelé : Sidi-Ali-ez-Zenagui ; ce groupe se transporta dans la suite à quelque distance, à El-K'ouaïer. Quant au Mascara actuel, il date à peu près de l'époque de la venue des Turcs.

(2) La conviction du saint homme était tout simplement erronée.
La généalogie insérée page 24 est la seule admise.

(3) Son tombeau, que surmonte une coupole, se trouve dans le douar-commune peu distant de Saint-Denis-du-Sig, douar auquel l'on a conservé le nom du saint personnage.

(4) Que l'on retrouve dans le pays même, dans le douar-commune de Khcrouf, de Saint-Denis-du-Sig, chez les Oulad Sidi-Moussa de Tlemccn, chez les Oulad Zaïer de Temouchent, et encore dans la région de Aïn en-Nouissi, appelée aujourd'hui — on ne sait pourquoi — Noisy-les-Bains.

L. GUIN

Extrait de :« Kitab akd eldjouman ennafis fi dhikr elaayien min achraf Eghriss »
« Le collier de perles précieuses
ou mention des principaux personnages d’origine noble ( de la contrée ) du R’ERIS » par Sid Abd er-Rahman ben Abd Allah ben Ahmed et-Tedjani

« Revue africaine », 1891 (A35), pages 264 et suivantes

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